Les chefs d’œuvre de mon enfance #1 : Le Roi et L’oiseau

C’est le mois de Février, l’hiver, le froid et les rares rayons de soleil qui préparent le terrain pour le retour du printemps, la douce mélancolie que voici. Quelle meilleure occasion pour inaugurer une nouvelle rubrique ? Restons dans le thème de la mélancolie avec Le Roi et l’Oiseau, chef d’œuvre onirique de mon enfance.

 Il était une fois

Le film de Paul Grimault nous raconte une histoire simple, un royaume (la Takicardie) est sous le joug d’un roi tyran (Charles 5 & 3 font 8 & 8 font 16) et il n’a de cesse d’être tourmenté par un Oiseau moqueur. Mais tout va changer quand les œuvres d’arts du Roi, parmi lesquelles des tableaux d’une Bergère et d’un Ramoneur,  vont prendre vie et réclamer leur indépendance.

Si le contexte paraît très simple au premier abord, il n’en est rien. L’intrigue principale va très rapidement se scinder pour suivre le destin de plusieurs groupes de personnages. Le Roi, L’oiseau et le Ramoneur, la Bergère ou encore les policiers, autant de portraits hauts en couleurs qui vont finir par partager un destin commun.

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Une superbe claque

Passons maintenant aux raisons qui m’amènent à parler de ce film ici. Avant tout, il faut savoir que j’ai vu ce film pour la première fois quand j’vais 8 ans. Bien entendu je ne me doutais pas à l’époque de l’influence qu’aurait sur moi Le Roi et L’oiseau. Je pense que la première chose qui m’a frappé était à quel point j’adorais l’univers déjà tout gosse et encore plus maintenant. Le royaume de Takicardie est une énorme ville bâtie sur des canaux au milieu d’un désert. Tous les bâtiments ont l’air imbriqués les uns dans les autres, la cité fait la part belle à la mécanisation et l’entreprise. Des ascenseurs en passant par les trappes et les passages secrets omniprésents, c’est un véritable déluge d’éléments steampunk qui défilent devant nos yeux.

Ensuite, il y a le design des personnages qui est parfaitement réussi. Chacun se distingue à sa manière et la caricature visuelle est très souvent présente pour mettre l’emphase sur l’attitude de certains personnages. A noter que pour l’époque (1980) le film est visuellement et techniquement époustouflant. Ce qui me fascine c’est d’observer certains plans et de voir à quel point les décors et les personnages s’harmonisent. Vous l’aurez compris, vous allez en prendre plein les mirettes.

Mais attention, vous allez aussi en prendre plein les oreilles. Parce qu’une autre des grandes forces du film c’est sa bande son. Composée par Wojciech Kilar elle sublime chaque scène du film à merveille. A la fois triste puis épique, la musique intradiégétique de l’artiste polonais permet, sans même voir, de comprendre ce qui se passe à l’écran. Une mention spéciale pour l’un des personnages qui est lui-même musicien et dont les chansons me collent des frissons à chaque fois.

Takicardie

Mélancholia

Mais si j’ai décidé de vous parler du Roi et L’oiseau, ce n’est pas que pour son univers et sa musique, c’est aussi pour le propos même du film et tout ce qu’il véhicule comme émotions chez moi. J’avoue qu’enfant je ne voyais dans ce film qu’un joli divertissement avec un méchant très méchant et un oiseau grande gueule plus quelques personnages qui ne m’intéressaient pas à l’époque. Aujourd’hui tout a changé. Le film est une fresque romantique et poétique sur fond de dénonciation des dérives de l’industrialisation, de la royauté et du totalitarisme. Bien sur, on y dénonce aussi le travail des enfants, le mariage forcé, on y parle de la dépression et de l’alcoolisme.

En bref, on est en face d’une véritable œuvre engagée et acerbe. Après, rien d’étonnant car les dialogues sont signés par Jacques Prévert. Mais surtout,c’est un film profondément mélancolique. La condition de beaucoup de personnages n’est pas vraiment enviable et les moments contemplatifs sont assez nombreux. On se plaira même à se perdre dans la beauté du décor en même temps que certains protagonistes (coucou le Roi dans sa tour). En conclusion, je pourrai parler de ce film pendant des heures. Il a été une des pierres angulaires de la personne que je suis aujourd’hui, il a aidé à modeler mes goûts et m’a initié à la poésie. En d’autres termes, vous devez voir ce film à tout prix et si je ne vous ai pas convaincus, sachez que c’est ce film qui a convaincu les petits gars du studio Ghibli (dont Miyazaki) de se lancer dans l’animation.

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Une dystopie onirique, une fable amère des temps modernes, on pourrait qualifier Le Roi et L’oiseau de beaucoup de termes. Dans tous les cas c’est un film d’animation majeur d’autant plus qu’il est 100% français ce qui montre qu’à un moment, il n’y avait pas que Disney, Pixar ou les autres géants qui dominaient le domaine !

Raph

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